• Elwing HM

LE PERVERS NARCISSIQUE

Et si on en parlait !


Il est probable que chacun d’entre nous, d’une façon ou d’une autre, a pu être confronté à un personnage manipulateur, malveillant et ou maltraitant.

Mais le cas du pervers narcissique reste spécifique. Car n’est pas pervers narcissique qui veut, bien que ce soit dans l’air du temps et à la mode.

Il me semble, d’après mes dernières recherches, que leur nombre n’accéderai pas les trois pour cent.

C’est déjà beaucoup, me diriez-vous.

Oui, c’est déjà assez, lorsqu’on sait les dégâts que ça peut provoquer chez leurs victimes.

Le pervers narcissique peut prendre la forme d’un homme, d’une femme et parfois même d’un enfant.

C’est un être sans vergogne, cupide, malhonnête et amoral. Son manque de courage est à la hauteur de l’ignominie de ses actes.

Il sévit dans tous les milieux, que ce soit au sein de sa propre famille, au travail, dans le couple, en amitié…

À première vue, il apparaît affable, généreux, compréhensif et empathique.

Mais ce n’est qu’un leurre, car il maîtrise l’art de la communication et de la persuasion à merveille.

Il est difficilement identifiable, car c’est un mètre dans l’art de l’illusion et de la tromperie.

Il prend toujours l’apparence d’un être agréable et jovial. Il attire la sympathie et fait taire la méfiance de son interlocuteur.

Son langage est souvent doucereux et ses gestes d’apparences bienveillantes. Il évite le regard de l’autre ou le soutient effrontément avec insistance, pour asseoir sa domination.

C’est un maltraitant psychologique, un vampire énergétique et parfois aussi un agresseur physique.

Il n’éprouve aucun dilemme moral, aucun état d’âme quant à ses agissements. Il considère son prochain comme un inférieur, un sous humain uniquement là pour le servir.

C’est un parfait stratège qui fait en sorte de gagner la confiance de sa victime en imposant sournoisement ses désirs et sa vision des choses.

Il fait croire à sa victime qu’il sera toujours là pour elle, qu’elle peut compter sur lui, que sans lui point de salut. Ainsi, il arrive à l’enfermer dans une tour d’ivoire, qui s’écroule à la première occasion. Et la chute est rude !

Le manipulateur pervers est un malade qui s’ignore. Il ne se remet jamais en question, car il est persuadé d’avoir toujours raison et de détenir la vérité.

Pour tromper son monde et avoir emprise sur lui, il se pose souvent en victime.

Il n’aime personne, car il ne s’aime pas lui-même. Il ne se connaît pas et n’a aucune idée de qui il est en réalité. Tout l’amour qu’il peut recevoir des personnes qui l’entourent, glisse sur lui et ne touche jamais son cœur. Ce cœur cadenassé dont les clés sont cachées dans les profondeurs de l’oubli.

Il s’est construit sur des bases défectueuses et égocentriques. C’est un prédateur, un séducteur né qui a besoin d’être adulé, caressé dans le sens des poils et glorifié. Sa ou ses victimes sont des esclaves nés pour le servir et répondre à ses moindres besoins. Il tire profit de la naïveté, de la sensibilité et de l’humanité de sa victime, pour lui mettre le grappin dessus et l’asservir.

L’individu choisi toujours une personne confiante et ouverte, capable de succomber à son charme ravageur, sans aucune méfiance. La proie se laisse prendre facilement à son jeu, car elle ressent inconsciemment le vide intérieur de son bourreau. Cela fait écho avec son propre mal-être. Elle tombe dans le piège sans le voir venir. Car bien évidement, le pervers narcissique ne dévoile jamais ses plans. Lui-même ignore de ce qui se trame dans les abysses de son inconscient. Il en est aussi victime.

Quoi qu’il en soit, plus le pervers manque de confiance en lui, plus il utilise de subterfuge pour alpaguer sa victime. Et pour mieux la garder sous sa coupe, il peut même faire en sorte de l’isoler de sa famille et de ses amis. Il peut créer le chaos dans sa vie, pour détourner ses proches d’elle, en les prenants pour témoins de ses maladresses, et ou en leur racontant des mensonges éhontés à son propos. Tout est bon pour arriver à ses fins.

Il n’y a pas de limite à sa perversité. L’essentiel pour lui, est d’obtenir ce qu’il veut, quitte à détruire son prochain. Et si sa cible dépend financièrement de lui, le piège se referme sur elle.

La victime sous emprise, est convaincue malgré le harcèlement, le dénigrement et la culpabilisation répétitive, que son persécuteur l’aime et lui veut du bien.

La dépersonnalisation et la dévalorisation sont telles que même lorsqu’une lueur de lucidité voit jour dans son esprit, elle la rejette aussitôt. Elle refuse cet éclair de lucidité de peur de déplaire à son bourreau, d’être rejetée encore plus, d’attiser sa colère et de rentrer dans le cycle infernal de la violence verbale et ou physique. Et quand elle ose le contredire ou lui tenir tête ne serait-ce qu’un instant, elle finit par crouler sous la culpabilité. Car ce maître manipulateur parvient à la faire douter d’elle-même. L’urgence est d’accepter de reconnaître qu’il n’y a pas une once de compassion en cet être et de tourner la page.

Certes, il est peut-être né dans des conditions difficiles. On peut bien sur parler de son enfance malheureuse et lui trouver des circonstances atténuantes pour minimiser ses actions. Il se peut qu’il ait été lui-même victime d’un parent ou d’un tuteur défaillant. Il se peut qu’il ait été maltraité et abusé. Qu’il ait manqué d’amour et de tendresse. On peut trouver toutes les explications possibles et imaginables pour donner du sens à son immaturité affective, à sa rigidité mentale et à son absence d’ouverture spirituelle. Mais le fait d’avoir été blessé ne lui confère aucun droit sur la vie des autres.

Il prend plus qu’il ne donne et tout est calcul et stratège pour toujours obtenir plus.

Ce qui pénible pour ses proches, c’est qu’ils n’arrivent jamais lui faire entendre raison.

Et pour cause ! C’est lui qui détient la vérité.

Certaines de ses victimes finissent par accepter leur sort, parce qu’elles sont brisées et qu’elles ont perdu toute confiance en elle et tout espoir d’une vie meilleure. D’autres entreprennent de se battre pour préserver un semblant de cohésion et de lien. Elles perçoivent le chaos intérieur de leur tortionnaire et pensent à tort pouvoir le sauver et le sortir de son enfer.

Mais la désillusion est grande, car on ne peut pas rendre la vue à celui qui ne veut pas voir.

Le passage difficile est la reconnaissance de la perversion de l’être aimé. Que ce dernier soit un amoureux, un enfant, un membre de la famille, un collègue du travail…

Il n’y a pas d’échappatoire sans cette reconnaissance claire et nette de ce qui est. Comprendre à qui l’on a, affaire, est primordial !

Et ça peut être très douloureux, car c’est une profonde remise en question. Les victimes mettent souvent des années pour se rendre compte de la nature de leur situation.

Il leur faut un véritable ras le bol, un choc sérieux pour mettre fin à la relation.

Cette relation défaillante, au sein de laquelle il n’y pas de véritable amour, pas de partage, pas de tendresse, pas de bonté, pas de compréhension, pas d’introspection, pas de complémentarité, pas de joie, pas de bonheur, pas de sécurité, pas de repos, la liste des « pas de » est très étendue.

Mais une fois que la prise de conscience est faite. Qu’on s’est rendu compte qu’on est en présence d’un manipulateur et ce, quel que soit son degré de perversion et de perfidie. Une fois qu’on a vu ce qu’on a mis dans cette relation et qu’on a pris la responsabilité de ce qui nous incombe, alors on peut agir en toute connaissance de cause.

On peut quitter la relation et rompre tout contact avec le pervers.

Et surtout éviter de rentrer dans la danse de lui accorder encore une énième chance.

Le jeu est biaisé d’avance, car il aura toujours le dernier mot.

Il est incapable de voir ses torts, incapable de se remettre en question ou de reconnaître ses dysfonctionnements.

Mais un miracle n’est jamais loin, car la vie se charge toujours de nous remettre sur le bon chemin, de gré ou de force.

Mais la résolution des problèmes du manipulateur ne viendra sûrement pas de sa victime. La victime a à se reconstruire en s’occupant de ses propres blessures et en s’accueillant en totalité. Elle va devoir se pardonner à elle-même de s’être laissé tomber dans les filets d’un être aussi machiavélique. Se pardonner d’avoir accepté parfois l’inacceptable et prendre conscience que sa soumission passée n’est pas le fruit du hasard. Reconnaître qu’il y a quelque chose en elle à mettre au clair. Mettre en lumière cette part en elle qui a eu besoin de vivre cette malheureuse aventure.

Le mieux est de se faire accompagner, si on n’a pas la possibilité d’arriver seul à évacuer tout ce qui a besoin de l’être. Si on ne sait pas par où commencer ni comment remettre les choses à l’endroit.

Mais reconnaître où l’on en est, c’est déjà le début de la guérison.

Bon courage aux personnes qui sont aux prises avec un pervers narcissique. N’oubliez pas de vous entourer de personnes aimantes, bienveillantes, capables de vous soutenir.

Le premier pas pour se libérer est toujours le plus délicat, le reste vient naturellement.

Plein de courage aux pervers narcissiques pour reconnaître leur état et accomplir le retournement intérieur nécessaire à leur libération.

Une guérison est toujours possible, tant qu’il y a vie.

Sinon elle arrivera sur d’autres plans, d’autres dimensions, mais ça, c’est une autre histoire.


Elwing HM

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